Dans le cadre du projet PARSADA Transferts, le Labo Vivant conçoit et pilote un Laboratoire d’idées dédié à l’accompagnement du changement dans la filière viticole. Ce Laboratoire fait dialoguer chercheurs et professionnels autour d’une question commune : comment transformer les résultats de la recherche en leviers d’action concrets pour les territoires viticoles ?
La deuxième conférence de ce cycle s’est déroulée le 3 juillet. Elle a réuni les acteurs du groupe transfert ainsi que des conseillers et animateurs des différentes régions viticoles partenaires du projet et au-delà (Bordeaux, Bourgogne, Champagne, Cognac, Alsace, Sud-Ouest).
Emma Le Merlus, docteure (partenariat INRAE / Chambres d’agriculture France), a présenté les résultats de sa thèse consacrée au rôle des réseaux d’échanges entre pairs dans les dynamiques de changement de pratiques, à partir de l’étude du réseau DEPHY pour la réduction de l’usage des pesticides. Premier constat : au sein même de groupes engagés dans une démarche volontaire de réduction, les trajectoires individuelles restent très hétérogènes : jusqu’à un tiers des exploitations ne réduisant pas leur usage de produits phytosanitaires dans la durée.
Ses travaux montrent que cette hétérogénéité s’explique moins par les caractéristiques individuelles des agriculteurs que par la structure de leurs réseaux de dialogue professionnel : les réseaux très soudés facilitent la coopération mais peuvent enfermer le groupe dans des normes établies, tandis que des réseaux plus ouverts sur l’extérieur diffusent davantage de nouvelles pratiques, mais avec moins de force collective pour accompagner des changements complexes. Les réseaux à la fois denses et ouverts sur d’autres collectifs du territoire apparaissent comme les plus favorables à une transformation durable des pratiques.
Les échanges qui ont suivi ont notamment porté sur le rôle de l’animation dans la constitution de ces réseaux, sur la question de savoir si la diversité des collectifs présents sur un territoire renforce ou fragilise l’efficacité d’un groupe d’accompagnement, et sur les moyens de mieux repérer, à l’échelle d’un territoire, la diversité des réseaux existants.
Cette conférence a aussi été l’occasion d’ouvrir une réflexion plus large sur la notion même de « transfert » dans les transitions agroécologiques : les connaissances et les pratiques ne se diffusent pas telles quelles d’un contexte à l’autre, mais se transforment pour s’adapter aux réalités locales — un enseignement qui rejoint directement les questionnements soulevés lors de la première conférence du cycle.
Prochain rendez-vous du Laboratoire d’idées : une conférence consacrée aux travaux de Celina Slimi (INRAE) sur les dispositifs de partage de connaissances pour la transition agroécologique.
Crédit photo : Parsada Transferts







